-?- Qui est la plus belle -?-

Une fillette dansait avec un drap sur les épaules, une doudou trop lourde à porter. Sur sa conscience il y avait une poupée de porcelaine avec les mains sur les yeux. Autour de la fillette défilait ces visages austères qu'elle ne comprenait pas. La poupée tournait en rond avec un masque noir au nez et à la bouche absents. Des sens troublés enveniment l'existence de cette fausse jeunesse. Cruellement, la petite fille dormait poings fermés dans une couverture bleu ciel, comme sa robe de mousseline. Dans son sommeil, elle se levait sans le savoir. Elle marchait, d'un pas aussi boiteux que son raisonnement, vers un miroir dans lequel se trouvait un visage qu'elle fuyait depuis son adolescence. Dans ce reflet, il y avait le pire monstre qu'elle n'avait jamais vu. Quand déjà le soleil pénétrait sa fenêtre, la fillette se régalait de petits biscuits avec une dizaine de toutous. Trop fraîche pour se rendre compte qu'il n'y avait pas de gâteaux dans les assiettes en plastique ni de thé dans les jolies tasses.

Elle est allée chercher cette nuit-là son plus gros toutou et s'est cachée derrière la chaise berçante, tremblante. Appuyée contre le mur, elle entendait malgré elle les autres discuter d'une voix fatiguée, avec les cordes vocales tendues, entremêlées de toussotements. Le frottement de ses joues contre le cou d'Élie la panthère lui rapella ce souvenir lointain de ses danses avec le vent, enveloppé d'une lourde couverture. Un souvenir étrange à moitié vrai, car il n'est pas du passé dans son coeur. Quand elle s'en rend compte, elle actionne la boîte à musique, celle avec la ballorine. Elle en a trois. La musique cristalline envahit l'air de la pièce et elle respire l'illusion que ces murs beiges, ces barreaux, ce lit, cette porte, ces autres personnes autour, deviennent le décor d'une forêt dense dans laquelle elle danse et se perd volontairement.


Les gens cherchent à éviter de vieillir au détriment de ce qui reste de temps.
-?- Qui est la plus belle -?-

# Posté le dimanche 15 juin 2008 19:29

Modifié le dimanche 15 juin 2008 20:21

{ Ciel de glace fondant }

{ Ciel de glace fondant }
Ils étaient deux vieux sous le me ciel. Il l'avait suivie des yeux d'un regard éperdument amoureux. Elle l'amenait où les champs ntaient pas encore labourés, il restait de nombreuses tigeschées de mais. L'air sentait la terre et l'herbe. Un soleil puissant les obligeait à plisser les yeux lorsqu'il n'y avait pas d'arbre pour cacher cette aveuglante lumière. L'espace d'un instant, les feuilles qui avaient passé l'hiver s'entrechoquaient davantage, cant un son ambiant sifflant, afin de leur épargner le vrombissement d'un tracteur à moins de deux kilotres. Sur les troncs tombés, moisis depuis des lustres, se faufilait un filet do. Il entrait dans les trous, sortait, repassait sur leur long de manre lente, comme si lui aussi voulait effleurer ces souvenirs heureux. La dame, fatiguée et dans la fleur de l'âge, marchait en regardant droit devant, et à l'aboutissement de cette douce forêt, elle voyait peut-être la lueur d'antan. Mais l'homme respirait une luminosienvironnante, humant le parfum d'une nature oubliée puis retrouvée.

# Posté le mardi 06 mai 2008 20:19

Modifié le mardi 06 mai 2008 21:01

Pour toi, MAN !

Pour toi, MAN !
J'avais la gloire. Je portais le soleil en moi. Un ange ne serait pas mieux que lui. J'étais si fière, que de l'avoir à mes côtés me rendait nerveuse. Des yeux qui me racontaient les couleurs de la forêt tropicale. Des cheveux bouclés sombres comme les cascades le soir, mes mains qui s'y égaraient. Un torse sculpté par les montagnes. Des doigts élancés, aventureux, montrant les champs d'étoiles, mon destin, le sien aussi peut-être. Des lèvres sauvages, constamment en demie-lune, me renvoyaient ce que les rayons du soleil donnent de vie. Je n'ai pas fleuri à ses côtés, mais plutôt au-dessus de lui, un papillon de nuit irrésistiblement attiré par la lumière. Il était un trésor aveuglant, élevant mon âme lourde. Voilà ce qu'était, pour moi, le plus prestigieux des trophées.

# Posté le mardi 22 avril 2008 19:53

Modifié le mardi 22 avril 2008 21:30

20 minutes top chrono

Y'a des bruits d'aspirateur, on dirait. Pourtant c'en est pas. On passe le balai autour des chaises, l'air grave, on oublie ce qui se passe autour, faut que ça soit propre-propre! C'est important, l'ordre! Parce que personne ne veut voir les touffes de cheveux morts du voisin, et encore moins les siens, surtout pas les siens. Et faut pas marcher dessus, sinon y'en aura partout! Ce serait pas bon pour les affaires et le look. Au moins, si ça jaserait comme dans ces autres salons pour enterrer les séchoirs. Oui parce que y'en a, des séchoirs, pour ceux qui sont meilleurs que nous, ils ont droit d'avoir leur apparence propre. Ils sont bien plus beaux, regardez. Mais en y pensant, le bruit des séchoirs, il est pareil à ceux des aspirateurs. On sait que c'est dans une autre pièce, pour pas qu'on les voie, pour pas nous démoraliser. Le moral aussi, c'est important. Faut pas lâcher dans c'métier. Sinon on repart les fesses en lambeaux et une mauvaise nouvelle à dire à sa gonzesse alors qu'elle croit que tu vas revenir brave, souriant et soulagé. Faut pas être loser, c'est pas bon pour l'image. C'est pour ça qu'il faut avoir l'air dur, hein ? J'ai pas l'air d'un méchant, mais en fait, tous ceux qui sont en train d'attendre comme moi, ils ont l'air de bons p'tits gars. Ceux qui ressortent, eux, ils ont déjà l'air de tueurs, de vrais bums! L'air identique, le même sac vert à la main, mêmes fringues, mêmes yeux noirs de grizzly. De ce côté, nous sommes barbus, nous avons notre style et dans nos gestes y'a de l'anxiété. Je sais pas pourquoi, j'ai peur. L'idée de me battre ne m'a jamais effrayé, encore moins risquer ma vie pour ceux qui m'ont éduqué. « Suivant », c'est moi ça. Le type me regarde de ses yeux d'ours. Est-ce qu'il était comme moi avant ? En m'avançant, je me dis que ça sera pratique pour la mission en Afghanistan, fait chaud là, pis... ça va me faire changement, un nouveau look.
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# Posté le vendredi 18 avril 2008 16:40

< Suggestion de titre ? >

< Suggestion de titre ? >
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Je connais une poésie presque oubliée qui continue de m'inspirer. Plusieurs ne reconnaissent pas cet art, car je suis artiste, parce que c'est moi, parce que je suis ce que je suis. Je mets en place des scènes, des œuvres d'art qui impressionnent et qui donnent de sensations. C'est une che exigeante, car seul, je ne peux travailler; j'y mets ce qu'il faut d'ardeur*, en disait une. J'aime ce que je fais, mais les autres non. Je reste libre, je ne fais de mal à personne. Et puis, comment ne pas succomber à leurs courbes, leur regard parfois froid mais non pas fi pour toujours, leurs lèvres, leurs mains... Je dis qu'elles sont de la poésie dans ses plus séduisantes rimes et ses plus exquis accords. Et quoi de mieux, mes chers, que de se laisser charmer par chacune, lui redevant le spectacle douloureusement bon de leur vers? Moi je suis poète, et je loue les anges qui eux, ne sont recouverts que de leurs ailes blanches et pures. Et sur la toile, sur les esprits fleuris, bien après, je leur rends ce qu'elles méritent de sucs et de beau, improvisant et peignant des rimes embrassées.


* Petit clin d'oeil à Daniel Bélanger ;)

# Posté le samedi 29 mars 2008 20:06