Projet: Le joual

La Dame Blanche

Tes parents s'ront sûrement pas d'accord si y savaient c'que j'vais te raconter, facke fais pas de bruit ti-pit pis ouvre grand tes oreilles. Grand-m'man parlera pas fort. Tu m'trouves « cool », hein? Ben c'est parce que moé, mon âge fait défaut à mon esprit. Moé j'garde une jeunesse de c½ur parce que j'cré des affaires que les autres créront jamais. Ça fait longtemps que mon histoire s'est passée.

Y'a de ça ben ben longtemps, en 1759, la ben belle Mathilde devait épouser Louis. La fille, vêtue d'sa robe de mariée, attendait son amour dans l'église. Mais l'Jack est jamais v'nu. La belle est sortie en braillant devant tout l'monde. Pas plus tard que l'soir, l'docteur du village l'a retrouvée su'l'bord des chutes Montmorency. 'Était ben peinée, tsé... Mais pire encore, l'docteur lui a dit qu'une bagarre entre lui pis des britanniques lui avait coûté la vie. Folle de chagrin, a s'est pitchée en bas des chutes et on a jamais r'trouvé son reste.

Pourtant, plus tard, des pêcheux disaient l'avoir vue toute floue dans vapeur des chutes. Ça faite tellement d'bruit qu'on l'a appelée « la Dame Blanche », parce que la p'tite portait toujours sa robe de mariée. Jusque là ça restait une p'tite rumeur, parce que l'monde en était pas encore r'venu que la p'tite pis son chum soit morts d'même. Mais c'est devenu plus gros comme affaire. Des fois, y disaient qu'a l'aidait des navigateurs à pas perdre le cap ôra les chutes. Sauf que v'la des dizaines d'années, une fillette de 5 ans s'est pardue din bois autour d'la rivière. Après kek jours, on la croyait morte pour de bon, mais on l'a finalement retrouvée endormie dans des branches pis des feuilles. La p'tite a dit qu'une belle femme avec une robe blanche l'avait nourrie de baies sauvages et l'avait tenue au chaud tout ce temps-là. On la croyait pas au début, c'est sûr. Mais on a trouvé des empreintes fraîches qui partaient d'l'abri de la fillette vers la rivière. Les pas disparaissaient mystérieusement à mesure qui gagnaient l'eau.

À c't'heure, on la voit moins souvent, la Dame Blanche. On dit qu'après ça, a prend d'autre formes comme une biche blanche ou une oie comme argentée. Elle aide les perdus à retrouver leur chemin dans l'bois pis à pas s'noyer dans rivière ou tomber dans chute.

Aujourd'hui, j'ai 86 ans, ti-pit. Ça fait 81 ans que je m'étais perdue dans l'bois proche d'la chute Montmorency. Quand j'tais ado, j'ai pas mal cherché à la r'voir ou juste à en savoir plus. J'suis retournée des trentaines de fois sur l'site. Maudine que j'ai pas perdu patience. Une bonne fois, je l'ai revue qui pleurait fort en tabarnak au milieu du cours d'eau. Maudit qu'a l'avait d'l'air triste... Pis là a m'a vue. J'sais pas trop c'qui s'est passé, mais la s'conde d'après, était juste devant moé pis a restait droite-droite. J'avais entendue dire qu'a l'aimait les fleurs pour faire son bouquet d'mariée. Facke j'y en ai donné : des hémérocalles jaunes et mauves avec des marguerites. A l'a prit en l'regardant avec un sourire. Était ben belle avec sa robe, ses longs cheveux blonds pis ses yeux brun clair. J'ai voulu toucher sa robe pendant qu'elle checkait son bouquait com'faut. A s'est retournée vite pis a l'avait l'air en beau sacrament. J'ai eu la chienne pis chu partie en courant.

On m'avait d'jà dit qu'a l'aimait pas qu'on touche à sa robe, parce que c'est le symbole de son amour perdu. Y disent même que ceux qui l'ont fait sont mort kek jours après. Mais avec moi, on voit ben que c'est des bôbards.

En tout cas. Après ça, j'ai arrêté d'la chercher. 'Fallait ben j'la laisse tranquille, tsé... Y s'est passé beaucoup d'années. J'ai eu ma famille à moi : cinq p'tites filles, pis un mari pas pire. Tsé que dans l'temps on s'mariait pas par passion, hein mon ti-pit.

Enfin, quand j'ai eu ma quarantaine, j'me suis levée d'bonne heure pour faire mon train. Su'l'perron, y'avait un beau gros bouquet d'hémérocalles pis de marguerites attachées avec un ruban en dentelle blanche. J'ai dit « Merci. » dans l'vide pis j'ai r'prit mon p'tit train. À c't'heure mon ti-pit, r'tins bin ça : la robe de la Dame Blanche, on r'garde mais on touche pas. C'est ça l'respect.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 22 octobre 2008 21:11

Projet: La Vie Urbaine et ses Dangers

L'humble citadin

Quand nous sortons, c'est un silence froid qui nous accueille dans sa pénombre. Il n'y a que les inconscients qui sortent la nuit. Par exemple, il advient que ton estomac réclame une collation de soirée et que – horreur! – ton pré-pubère a laissé pour mort le pot de Nutella que tu raffoles. Petite frustration de citadin, ici. Tu ne laisses pas passer ça! Qu'est-ce que tu vas faire sans ton Nutella? Alors tu sors aux petites heures, tu vas te rendre à pied pour des raisons « écologistes ». Ce que t'es content de ta petite BA! Chapeau, mon gars ! Le dépanneur ouvre 24 heures sur 24. Tu arrives au rayon qui scintille, tu sais que tu vas trouver ce qui va te combler, tu paies et le commis t'envoie chier. Tu lui renvoies paisiblement l'ascenseur. Tu sors en pensant aux bonnes tartines que tu vas te faire en rentrant. Il n'y a pas un chat dehors, sauf quelques rats qui fument autour d'une bagnole. Ils regardent tous un « Johnnyboy » de 16 ans faire ses prouesses de skateboard. Tu les regardes de travers puis tu roules des yeux si exagérément qu'ils sortent de leur orbite et tu es capable de voir tout le voisinage. Les petits morveux te sifflent. Tu es flatté? Ho non, tu le sais que ta calvitie et ton Valentine hebdomadaire n'ont rien de séduisant.

Tu continues ton chemin, tu as hâte d'arriver. Tu vois une cabine téléphonique de l'autre côté de la rue à 100 mètres. Partout, c'est sale et vide. Quand une bagnole passe très lentement à côté de toi à une telle heure, les gens normaux se méfient. Le danger présent, tu peux t'accrocher à l'espoir que la cabine téléphonique semble moins loin qu'elle ne le parait. Tu accélères le pas, celui qui vient juste de sortir de la bagnole aussi. Tu risques un ½il vers l'arrière en espérant que le type est moins balèze que toi, mais tu es con, tu te retournes et tu l'as même pas regardé en fait. Tu traverses la rue après avoir regardé de chaque côté, tout en sachant que ce n'est pas ton jour de chance et que tu es seul dans ton pétrin. Ça pourrait être bondé comme à l'Halloween, personne ne viendrait sauver ta peau.

La cabine est touchable et tu y entres en poussant et en t'empêtrant dans les foutues portes battantes. Tu décroches le téléphone, fais semblant de parler et tu regardes l'autre qui s'amène avec une barre à clou. Là tu as la preuve que tu n'es pas dans la merde. Tu composes le fameux 911 - ils doivent avoir un foutu bon forfait téléphonique eux – mais t'avais même pas remarqué qu'il n'y avait pas de son dans l'appareil collé sur ta tempe. Le fil a été coupé grossièrement. Tu te rends compte du problème et là tu regardes si ça se rafistole. T'es un employé de Bell toi, c'est ça ? Bien sûr que non, bien sûr. Tu deviens encore plus con parce que tu prends la peine de remettre le combiné dans le réceptacle. Le type t'attend à l'extérieur de la boîte de plexi glace. Tu es à l'abri peut-être? Non, idiot, tu n'as pas la clé pour verrouiller les portes... Attends... il n'y a même pas de serrure, bien sûr, bien sûr...

Tu repenses à ton Nutella que tu n'as pas lâché depuis le début. Tu le regrettes hein? Mais oui. Tu te demandes pourquoi, tu penses à ta crétine de progéniture, tu réfléchis vite, tu cherches une échappatoire. Stressant, hein?

Et là, hop! Tu as un éclair de lucidité ; rester là et attendre que « Johnnyboy » s'impatiente, veuille te sortir de là et à ce moment, donner un gros coup de pied dans les portes, le faire basculer et avec un peu de chance, lui casser le nez, deux côtes, un fémur et quatre ou cinq dents. « Wow, un plan "d'enfer!" », te dis-tu. T'es fier de toi là, hein? Alors à l'instant critique, tu fais ton super coup. Tu te rends vite compte que les portes ne s'ouvrent pas dans ce sens là... « Johnnyboy », la moustache encore frémissante, rit sans arrêt en te buttant. Il plante sa barre dans tes hots dogs de Valentine et il s'éclate, vraiment. Tu te meurs mon pauvre, tu es vraiment con... mais faut croire que moi aussi, je trouve ça marrant!

# Posté le mercredi 22 octobre 2008 21:09

< ??? >

1) Me décrire: Gourmande
2)Décrire la vie: Surprenante
3) Décrire l'amour : Vital
4) Décrire l'amitié: Inspirant
5) Décrire la famille: Écartée
6) Décrire la musique: Unifiante
7)Décrire les garçons/hommes: À croquer
8) Décrire les filles/femmes: Superficielles
9) Décrire le sport: Regardable (avec son homme) en direct
10)Décrire internet: N'importe quoi
11) Décrire les programmes de TV/Réalité: Irréalistes
12) Décrire mon blog: Inutile
13) Décrire mon collège/lycée: libre
14) Décrire mes parents: Inconscients
15) Décrire mon look: à part
16) Décrire mon/ma chéri(e): Tout.
17) Décrire ma chambre: hyperallergène

Si j'étais un mec pendant 24 heures...
1) Quelle serait la première chose que tu ferais? Éjaculer
2) Comment t'habillerais-tu? Smoking
3) Draguerais-tu l'une de tes amies? Ouais
4) Que raconterais-tu aux autres mecs? Mes histoires de cul
5) Serais-tu plutôt romantique ou plutôt macho? Macho en public, romantique en privé
6) Payerais-tu l'addition au restaurant à ta copine? Toujours
7) Quel(s) loisirs pratiquerais-tu? Musculation
8) Quelle est la chose que tu ne ferais surtout pas? Me limer les ongles

Est ce que?

1) Tu dors avec des peluches? Mon gros nounours Dany!
2) Tu joues d'un instrument? Demandez à Dany!
3) Tu suces encore ton pouce? Oui ! Non.
4) Tu lis le journal? De temps en temps
5) Tu as des secrets? Je suis clean comme de l'eau de roche, voyons donc!
6) Tu as des animaux? Oui
7) Tu as un tatouage? Non
8) Tu as un piercing? Pas de spécial
9) Tu aimes ton écriture? Oui
10) Tu as déjà volé quelque chose? Oui
11) Tu chantes sous la douche? ...Des fois...
12) Tu crois qu'il y'a une vie après la mort? Non
13) Tu crois à l'astrologie? Non
14) Tu crois aux miracles? Non
15) Tu crois aux esprits? Oui
16) Tu te ronges les ongles? Oui
17) Tu sais toucher ton nez avec la langue? Non
18) Tu aimes tes parents? Non
19) Tu as déjà fumé? Non
20) Tu as déjà été saoule? Oui

As-tu déjà osé..?

1) Dire à quelqu'un qu'il pue de la gueule? Oui
2) Dire merde à ton prof/patron? Oui
3) Péter fort en public? Non
4) Roter en public? Oui
5) Voler des bonbons à la boulangerie? Non
6) Cracher dans un verre? Oui
7) Laisser un commentaire anonyme sur un blog? Oui
8) Sécher les cours? Non
9) Trahi un ami? Oui
10) Tromper ton chéri? Non
11) Dépasser ta plus grande peur? Oui (mais à chaque peur succède une autre)
12) Tricher à un examen? Oui
13) Frapper quelqu'un? Oui
14) Dénoncer quelqu'un d'autre à ta place? Non
15) Dire à quelqu'un "Je t'aime"? Oui
16) Dire à quelqu'un que tu le détestes? Oui
17) Mentir sur tes sentiments? Oui
18 Mélanger du sucré et du salé? Non

Game ou pas?

1- Game ou pas Game de pousser un énorme cri dans la rue? Pas game
2- Game ou pas Game de baisser ton pantalon devant une foule? game
3- Game ou pas Game de lancer une tomate à ton prof de Français? Pas game
4- Game ou pas Game de passer une nuit sous un pont? game
5- Game ou pas Game de te mettre un doigt dans la bouche tout de suite? Pas game
6- Game ou pas Game d'appeler un inconnu au téléphone? Pas game
7- Game ou pas Game de te passer de ton ordi plus de 24 h? game
8- Game ou pas Game d'embrasser quelqu'un du même sexe? game
9- Game ou pas Game de chanter sous la douche? game
10- Game ou pas Game de dire "Je t'aime" à quelqu'un que t'aimes pas? Pas game
11- Game ou pas Game de courrir 2 heures sans t'arrêter? Pas game
12- Game ou pas Game de te forcer à vomir? game
13- Game ou pas Game de fumer une cigarette? Pas game
14- Game ou pas Game de boire 10 bières à la suite? Pas game
15- Game ou pas Game de tout quitter par amour? game
16- Game ou pas Game d'aimer une seule personne toute la vie? game
17- Game ou pas Game de faire une photo de toi au réveil? game
18- Game ou pas Game de quitter ce formulaire et de tout recommencer? Pas game

Comme?

1) A comme : Air
2)B comme : Bougie
3)C comme : Célébrer
4) D comme : Dany
5) E comme : Eternité
6)F comme : Fable
7) G comme : Guérison
8) H comme : Hurler
9) I comme : Italie
10) J comme : Jonc
11) K comme : Kryptonite
12) L comme : Louange
13) M comme : Massage
14) N comme : Naviguer
15) O comme : Opale
16) P comme : Protéger
17) Q comme : Qualité
18)R comme : Rivière
19) S comme: Satin
20) T comme : Tentation
21) U comme : Union
22) V comme : Voilier
23) W comme : Whisky
24)X comme : XXX
25)Y comme : Yeux
26)Z comme : Zénith

Si je te dis...

1- Rouge ... tu penses à: pomme
2- Musique ... tu penses à: accords
3- Fraise ... tu penses à: sucre
4- Film ... tu penses à: cascades
5- Fiesta ... tu penses à: boisson
6- Livre ... tu penses à: écriture
7- Meilleur(e) ami(e) .... : fragile
8- Amour ... tu penses à: câlin
9- Bombe ... tu penses à: sexe
10- Etoile ... tu penses à: bateau
11- Ampoule ... tu penses à: idée
12- Internet tu penses à: msn
13- Lit.... tu penses à: dany
14- Crayon ... tu penses à: création
15- Tête tu penses à: guillotine
16- Rien...tu penses à: froid
17- Sport ... tu penses à: dany
18- Lycée... tu penses à: littérature
19-Pompier... tu penses à : calendrier

Si j'étais...

1- Une couleur, je serais...: vert
2- Un sport, je serais ....: tennis
3- Un chiffre, je serais...: 3
4- Un objet, je serais...: crayon
5- Un endroit du corps, je serais...: appendice
6- Des chaussures, je serais...: vieilles running parlantes
7- Un bijoux, je serais...: bague
8- Un vêtement, je serais...: corset
9- Un mois, je serais... : novembre
10- Un jour de la semaine, je serais...: mercredi
11- Un des 4 élements, je serais...: terre
12- Une planète, je serais... : Mercure
13- Un verbe, je serais...: Écrire
14- Une fleur, je serais...: lys
15- Une voiture, je serais...: Silverado
16- Un bonbon, je serais...: Gummies

En ce moment...

1- Qu'as tu envie de manger? Des tostitos avec salsa
2- Qu'as tu envie de boire? Eau perrier
3- Qu'as tu envie de regarder? Dany à moitié nu
4- Qu'as tu envie de lire? Les textes que j'ai hâte d'avoir terminés.
5- Où as-tu envie d'aller? Au Vidéo du Dollar
6- Qu'as tu envie d'écouter? Sa voix
7- Qui as tu envie d'appeler? Le type qui fait le close du vidéo du dollar c'soir.
8- Qui as tu envie d'embrasser? Ce même type.
9- Qu'as tu envie de prendre? Le commis du vidéo dollar qui porte le mieux l'uniforme.
10- Qu'as tu envie de crier? Tu me manques.
11- Qui as tu envie de voir? *roll eyes*
12- A qui as-tu envie de te confier? Aurélie
13- De qui ou quoi as-tu envie? Pardonner
14- Qu'as tu envie de changer? Un froid
15- As-tu envie de pleurer? Non
16- A quoi as-tu envie de croire? Réconciliation
17- A quoi as-tu envie d'être indifférent(e)? Aux étourderies
18- Qu'as tu envie d'aller voir au cinéma? X-Files
19- Qu'as tu envie d'acheter? Portefeuille
20- Qu'as tu envie de dire à la personne que tu aimes? « Comment se porte Pic-Pic? »

# Posté le mardi 16 septembre 2008 21:09

Retour dans le passé

Les deux textes qui suivent ont été écrits durant mon secondaire. La qualité est médiocre parce qu'on avait un maximum de mots. Et puisqu'à l'époque on n'avait pas la liberté d'écrire ce qu'on voulait, il y avait des contextes ridicules. En voici donc deux exemples:


Contexte 1: Un personnage de roman s'enfuit dans le monde réel.


Mon nom est Aramil. J'ai été pendant plus de 20 ans l'outil de fortune d'une auteure nommée Nayla Addams. J'étais le personnage principal d'une histoire qui se déroulait au début des années 1500. Je parle à l'imparfait, z'aviez remarqué? J'ai quitté mon monde il y a trois ans maintenant. J'en avais plus qu'assez de vivre à la barbare, de me montrer courtois avec tous les autres personnages, et surtout, me battre au nom de la justice. Cette dernière ne me fut nullement accordée, moi qui n'était qu'une marionnette que l'on dresse pour finalement être mise en cage.

Lorsque Nayla frottait une mine de crayon sur les pages, il se créait lors du bref contact un transfert d'énergie qui pouvait me donner la liberté que je désirais. Je me suis donc servi de cette unique chance, cette unique porte de sortie. Pour cela, il fallut que je me faufile dans les lignes crées par la mine. Il fut difficile pour moi de réaliser cet exploit; savez-vous à quel point il est ardu de s'introduire dans une ligne de crayon alors que ce dernier doit y être encore? Ignorez-vous la vitesse d'écriture de Nayla ? J'y suis parvenu après des mois de tentatives. Lorsqu'en enfin mon corps se glissa dans le trait, mon corps apparut sur le bureau de ma maîtresse. Elle se leva de sa chaise tout en me fixant sans dire un mot. Je descendis de mon perchoir, lui jetant un regard méprisant, à elle qui se jouait de moi, me faisait faire bon nombre de choses auxquelles je ne croyais pas, elle qui démontrait une telle insensibilité... J'avais envie de me venger, lui faire subir ce qu'elle m'avait fait. Qu'est-ce qui m'en empêcha, je ne saurais le dire encore aujourd'hui.

J'étais sorti par la fenêtre comme un sauvage. Je contemplai dès lors le monde moderne; quelle stupeur m'offrit alors Venise à ce moment... Seul, je m'y infiltrai, comme dans mes propres aventures, errant des ces rues lugubres, près du port. Au loin, j'entendis la sirène d'une voiture de police. Je ne savais pas ce que c'était. Ce son, il était cacophonique tout comme la musique de cette époque. Une autre déception me parvint; j'appris avec le temps que le peuple italien ne croyait plus en leur religion d'antan. J'ai de forts doutes cependant que Nayla ait inventé de toutes pièces la mienne. Ce n'était pas la Venise que j'avais foulée pendant mon épopée. Ce n'était pas la Venise de Nayla. Je me sentais égaré. Cet univers n'était certes pas le mien.

Il me fallut énormément de temps pour le réaliser. En l'abruti que j'étais, j'avais quitté mon Italie fictive mais natale. D'un pas décidé, je me rendis chez ma maîtresse avec l'intention de retourner dans son histoire, « notre » histoire. Tandis que je m'infiltrais par la fenêtre par laquelle je m'étais bêtement enfui, je constatai que la pièce n'était plus comme dans mes souvenirs. J'appris avec horreur...que ma maîtresse était morte.

Maintenant, je me suis adapté à mon nouveau mode de vie. Or, je suis tourmenté jours et nuits par le visage de ma créatrice. Mon existence était étroitement reliée à la sienne. Je l'ai compris en écoutant une biographie d'elle à la télévision, diffusée pour honorer l'artiste qu'elle était. Elle avait prononcé avec joie ces quelques mots : « Mon imagination, c'est ma vie. »

En prenant le contrôle de mon destin, je lui avais arraché le sien.

~ FIN ~

Contexte 2: À la suite d'un naufrage, votre personnage se retrouve sur une ile déserte et fait une rencontre.

Comme lorsque Chuck Noland rencontre Wilson

Il y avait déjà deux jours que la mer m'avait rejeté dans ce lieu désert, une île du Pacifique. J'y errais à la recherche de quoi que ce soit d'utile, étant affamé, marchant à cloche-pied, et désemparé car je ne savais pas où diable j'avais atterri. Pour cause, je m'étais tout bonnement endormi dans ma cabine. Tout bascula à la fin de cette deuxième journée de survie, lorsque je rencontrai Ophelia.

Il faisait nuit noire lorsque j'aperçus une silhouette sombre, étendue sur la rive. J'y courus le plus rapidement que je pus. Arrivé à destination, j'avançai avec précaution. C'était une femme... La pauvre ne semblait pas bouger. Je crus qu'elle était morte, qu'elle avait péri probablement lors du même naufrage que moi. Nerveux, je m'agenouillai près d'elle et très doucement, je la tournai sur le dos. Elle avait les yeux clos et son visage fin me rendit une sérénité effrayante, car on aurait pu la prendre pour une statue, mais la plus belle d'entre toutes. Je contemplai un bref instant ce visage de marbre, en dégageai les grains de sable qui s'y étaient collés. Je mis la main sur le c½ur de la jeune femme pour déterminer s'il battait. Je me concentrai sur cette tâche en espérant qu'elle soit toujours en vie. Soudain, quelque chose saisit ma main et elle ouvrit les yeux, comme revenue d'outre-tombe. Je restai figé, à la regarder alors qu'elle toussa et se tourna sur le côté, vers moi. À ce moment, je me sentis comme le type dans Seul au monde, lorsqu'il découvre Wilson.

Dans les minutes qui suivirent, je l'emmenai dans mes bras à un endroit sûr, sous un arbre. À mon grand bonheur, elle me dévoila son nom, Ophelia, ainsi que ce qu'elle faisait sur le bateau; elle était une serveuse. Nous discutâmes un long moment. Elle était une inconnue et pourtant, j'y tenais plus que tout.

Ophelia et moi sommes devenus rapidement complices, étant donné que nous étions seuls au monde. Mon affection pour elle a grandi pendant plus d'un an, je crois. Nous nous sommes intimement liés, inévitablement. J'étais heureux dans ma malchance. Notre histoire aurait pu être encore une véritable romance sur cette île charmant, jusqu'au jour où elle tomba gravement malade et mourut dans mes bras. Je pleurai tout l'océan pendant des mois.

Je sombrai dans une noire tristesse dont je suis encore victime aujourd'hui. J'ai été secouru il y a quelques temps, mais je suis soustrait au bonheur, comme si mon c½ur fut enterré dans le sable blanc, sur une île du Pacifique.

~ FIN ~
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 20 août 2008 21:30

Cause I'm your lady, And you are my man

Cause I'm your lady, And you are my man
Ça a germé, ça a grossi, on le sait.
Des fleurs poussent à travers ses muscles, transpercent la peau brulante.
Ça coule de plaisir dans le rose innocent de son jardin.
C'est doux et dur à la fois, ça prend des soins.
D
es effluves chaudes émanent de cette terre vierge. Ça sent bon, ça sent le neuf.

C
'est fini, c'est triste, mais ça a été divin. De l'intérieur, elle le retient, elle ne veut pas qu'il parte.

Jamais l'humanité n'avait été aussi près de décrocher la lune; les étoiles se trouvaient au creux de leurs regards.

# Posté le mardi 12 août 2008 19:24